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Histoire du flamenco

Dictionnaire des termes musicaux

Dictionnaire des styles musicaux


Exposé sur le flamenco

Chronologie des compositeurs les plus marquants

Histoire de la guitare

Histoire de la musique

Liens et contacts

Plan général du document

Préhistoire

Histoire :

La musique dans la Grèce antique

Rome

Le Grégorien et la monodie chrétienne

Le Bas moyen Age :

Renaissance (1420-1600)

Baroque (1600 – 1750)

Le Classicisme (1750 – 1830)

Le Romantisme (1830 – 1900)

L'Impressionnisme (1890 – 1920)

Nouvelle musique (env. 1907-1945)

La musique après 1945









HISTOIRE DE LA MUSIQUE

 

Préhistoire 

Les premiers instruments de musique ont été selon toute vraisemblance la voix et les mains frappées pour scander le rythme. L’émission vocale a dû évoluer petit à petit du son répété vers un embryon de dessin mélodique sur une gamme instinctive.

Presque aussi loin que l’on remonte dans la préhistoire, on y trouve des éléments musicaux.

On a trouvé des flûtes datant de 60000 av. J.C. La musique était associée aux danses rituelles et a sûrement précédé la sculpture et le dessin. Dans la préhistoire, on connaissait sans doute déjà les échelons harmoniques simples (quarte, quinte, octave).

A cette époque, la musique avait sans doute des «pouvoirs magiques », pour le succès de la chasse, la guérison des maladies, l’évocation des esprits. Elle devait être en quelque sorte un élément des rituels religieux, ce qui a été la seule expression musicale de certains peuples. D’ailleurs les premiers instruments de musique étaient liés à l’activité de la chasse : des flûtes faites en os, des instruments à cordes découlent des arcs, des percussions avec des peaux de bêtes tendues.

 

Histoire

 Sumer : civilisation de l’Indus, possédant une forte culture religieuse, régissant pratiquement tous les actes de la vie. La musique était étroitement liée à tous ces cultes, d’après les textes poétiques de l’époque et des sculptures montrant de nombreux instruments : harpes, lyres, petits luths, flûtes simples ou doubles, flûtes de Pan, sistres, trompes tambourins, tambours.

Sumer a été le premier atelier connu de lutherie. On commençait à désigner les degrés sonores par des syllabes, d’où un début de solmisation.

La musique y existait aussi en dehors des cultes religieux, lors de banquets ou compétitions sportives par exemple.

Dans le culte religieux, la musique servait surtout a accompagner des hymnes.

Il y a des points communs entre la musique de Sumer et celle d’Egypte : instruments voisins.

Les sculptures fournissent des renseignements précis sur la musique. On a pû reconstituer en partie la chironomie des égyptiens, i-e les signes du bras et de la main correspondant à certaines hauteurs de notes et certains rythmes en usage.

 

Chez les Hébreux

1000 ans av J.C., le roi David composait et entretenait un chœur de 300 personnes pour chanter des psaumes avec des harpes, des lyres, des cymbales et des trompettes.



CHINE 

On n’y a pas trouvé d’instruments remontant au-delà du X° siècle av. J.C.

La première gamme fixée était pentatonique : fa sol la do ré

Vers le VII° siècle av. JC, l’ajout d’un do et d’un fabémol donna une gamme heptatonique. 

Au VIII° siècle de notre ère, sous la dynastie Tang, un système de notation, sans signes de mesures, fait place à la tradition orale. (ce n’est qu’un siècle plus tard que cela apparaît en Europe avec les neumes).

LES MODES INDIENS

C’est là sans doute que l’on retrouve les plus vieilles mélodies connues issues du culte et de la musique liturgique Védique (Dieu Veda), soit 2000 ans av.JC. Il y a de grandes similitudes entre les  chants védiques et les psalmodies ambroisiennes (Ambroise : religieux italien IV° ap.JC)

Par contre les rythmes indiens sont tout à fait originaux et propre aux autochtones, Dravidiens et autres peuples.

Les chants védiques entre 1500 et 800 av.JC destinés aux rites sacrificiels étaient une récitation monotone sur l’étendue d’une tierce au début qui évolua ensuite vers 5 notes puis sept.

Au début de notre ère, le système le plus élaboré comportait une gamme de sept sons, trois majeurs, deux mineurs, deux demi-tons.

Ces gammes sont difficiles à matérialiser par nos bémols et dièses car la musique indienne n’attribuait pas de hauteur absolue à ses notes. D’autant que ces gammes peuvent se transformer en modes, jâtis, en affectant des particularités à tel ou tel degré.

 

Cela est encore simple comparé au Râgas, qui sont des modes expressifs qui prennent places dans chacune des jâtis. Il y a autant de râgas que de sentiments exprimables. C’est là qu’on trouve la particularité de la musique indienne par rapport à la Grecque. La musique grecque obéissait à certaines théories ou loi des nombres, la musique indienne échappe à toute théorie ou codification, elle est très symbolique.

Les rythmes de la musique indienne sont des séquences d’un nombre d’unités de temps donné divisées en groupes correspondant à nos mesures, mais sans cesse variables.

 

Contrairement à certaines idées reçues, les micro-intervalles indiens, qui ne seraient pas perceptibles à nos oreilles d’occidentaux, étaient très peu en usage, et tout à fait exceptionnels.

 

Conclusion

Aucune trace d’harmonie chez les Chinois, pluralité sonore uniquement rythmique chez les Indiens, simple mélodie linaire chez les Grecs.

Cette vocation monodique tient plus à une préférence de la sensibilité, qu’à une infériorité de la technique musicale dans ces cultures.

 

 

La musique dans la Grèce antique

 

Certains Dieux sont musiciens, accompagnés de muses, d’où le nom du mot «musique ». Les Grecs attribuaient à la musique des pouvoirs magiques : par exemple, Orphée charma les gardiens des enfers avec un instrument pour aller rechercher sa bien aimée Eurydice, la musique accompagnait les guerriers aux combats pour  leur faire vaincre la peur.

La musique a toujours été mêlée à la vie grecque, depuis les temps de la Crête jusqu’à la décadence hellénistique. Ses premiers compositeurs, Terpandre au VIII° siècle av.JC, Archiloque, Tyrtée au VII° siècle, ont pris place dans la légende comme Homère.

 On trouvait la musique dans tous les genres d’expression poétique, aèdes psalmodiant les épopées, oratorios avec les chants choraux des hymnes religieux, musique d’apparat avec les odes de Pindare (poète 518 à 438 av.JC), lieder avec les chansons d’amour de Sappho. La musique n’était donc pas que religieuse, on la trouvait aussi dans les comédies antiques. Elle était un art à part entière, aimée simplement pour sa beauté, sans utilité religieuse ou guerrière.

Nous ne connaissons qu’une vingtaine de morceaux de cette époque grecque. Cette musique apparaît sous la forme d’une mélodie simple avec un ambitus étroit, sans grands intervalles.

Dans les chœurs, les hommes et les enfants chantaient parfois à intervalle d’un octave, ce que les Grecs appelaient antiphonie.

 

Les Grecs furent les premiers à imaginer dès le VI° siècle av.JC un système de notation relativement précis, mais très peu utilisé. Durant des siècles, la musique en resta à cette simplicité mélodique et répétitive. Vers le V° siècle, sous les gouvernements démocratiques, apparurent les compositions anaboliques, avec des strophes de mélodies et longueurs différentes. Cette nouveauté partagea les intellectuels en deux camps, les protestataires conservateurs (Platon, Aristophane), les favorables (Aristote, Euripide) qui adoptaient parfois cette forme anabolique pour leurs tragédies.

Mais dès la génération suivante, Athènes déclinait et la musique allait pratiquement disparaître.

La musique est sans doute le premier des Arts dans la chronologie, mais le plus long à s’imposer.

 

Place de la musique en Grèce Antique 

Place très importante dans l’éducation, Platon voulait même une étatisation de cet art.

Les pythagoriciens avaient découvert les rapports entre les sons et les nombres.

Au III° siècle, nait une querelle entre les harmonistes par calcul [pythagoriciens]et les harmonistes par oreilles [ d’Aristoxène].

Les premiers interprètes virtuoses commençaient à voir le jour.

 

ROME

Une fois la Grèce occupée par les légions romaines, presque toute la musique procéda de l’engouement pour l’art et les mœurs des vaincus. Les intellectuels romains ne savaient pas la musique, ce n’était pour eux qu’un divertissement accessoire.

Le principal mérite de Rome est d’avoir maintenu plus ou moins l’héritage grec. Mais par la suite, celui-ci fut dispersé et englouti dans la décomposition de l’Empire Romain. Quand les wisigoths  entrèrent à Rome en 410, la musique était devenue chrétienne dans l’Empire d’Occident comme dans l’Empire d’Orient et son histoire allait se confondre pendant des siècles avec celle de l’Eglise. Cependant les troubles et les guerres qui suivent les invasions barbares font stagner l’évolution de la musique pendant près de trois siècles.



Le Grégorien et la monodie chrétienne 



Vers le VIIIème siècle, la paix revient, l’Eglise est toute puissante.

C’est l’influence juive qui a dominé sur les premiers temps de la musique chrétienne. Rappelons que le christianisme est né au sein du judaïsme.

Conformément à la tradition juive, les instruments étaient bannis du culte, durant dix siècles l’Eglise n’admit que la voix humaine dans ses sanctuaires. 

Mais s’éloignant géographiquement de son berceau juif, le christianisme allait épouser les traditions musicales des pays où il apportait l’évangile.

 

Hymnes (voir imprimé) : la musique était à son plus humble état, et ne servait qu’à mettre en valeur les paroles sacrées. Mais le peuple avait besoin de chanter sa foi en dehors des lieux de la liturgie, il le fit par les hymnes dont les textes n’étaient plus tirés des saintes écritures, mais composé par des prêtres pour l’enseignement des fidèles. Nous ne connaissons le contenu de ces hymnes que depuis le IV° siècle.



CHANTS GREGORIENS 

L’appellation apparut dès le VIIIème siècle, mais ne désigne ce répertoire que depuis le XXème siècle.

Les mélodies développées à Rome fondées sur les antiphonaires (recueil de rites et de chants) se répandirent en Europe et en France en particulier vers 753. C’est le pape Grégoire Ier (ou le Grand) qui recueillit ces chants, leur attribua une place spécifique dans la liturgie et viella à ce qu’ils soient utilisés dans toute l’Eglise, d’où le nom de «chants Grégoriens ». Une campagne de Charlemagne au IXème siècle favorisa l’expansion du chant grégorien en éliminant les formes de chants ecclésiastiques non romains, comme le chant mozarabe espagnol.

 

Jusqu’au XIe siècle : chants canoniques de la messe, formes de tropes et séquences musicales.

Après le XIe siècle : le chant grégorien subit l’influence de la polyphonie qui se développe en Europe, et celle des chants de troubadours se mêlant au contrepoint.



Le chant grégorien originel va pratiquement disparaître et ne revenir que vers 1850 par l’action des moines de l’abbaye de Solesmes (environ 3000 mélodies).



Modes des mélodies grégoriennes : repose sur huit modes  inspirés des modes grecs antiques. Ils sont classés en quatre modes dits « authente » dont chacun à un relatif dit « plagal » situé une quarte au-dessous.

 Mode  protus  1) authente     ré    mi    fa     sol    la     si    do     ré        dorien

                              2) plagal        la    si      do    ré     mi    fa    sol    la         hypodorien  (eolien)

 

 Mode Deuterus    3) authente     mi   fa     sol    la     si     do    ré     mi        phrygien

                              4)  plagal        si    do     ré     mi    fa    sol    la     si          hypophrygien  (locrien)

 

Mode  Tritus         5) authente     fa    sol    la     si     do    ré     mi    fa         lydien

                               6) plagal         do    ré     mi    fa    sol    la     si     do        hypolydien  (ionien)

 

Mode Tetrardus    7) authente     sol    la     si     do    ré     mi    fa     sol       mixolydien

                              8) plagal        ré    mi    fa     sol    la     si    do     ré          hypomixolydien

 

Chaque mélodie dans chacun des modes est articulée autour de deux notes principales

La finale : note de départ et de conclusion de la mélodie, ancêtre de la tonique

Répercussion : particulière à chaque mode (ex : mode 3 => do, mode 4 => la). 

 

LE BAS MOYEN AGE

 

L’ARS ANTIQUA :

Il désigne l’école musicale parisienne des XIIème et XIIIème siècles, et plus particulièrement la musique médiévale française où se développa la musique polyphonique, notamment les premiers motets, surtout des rythmes ternaires. Les premiers musiciens connus de cet ars sont Léonin, son élève Pérotin le Grand, maîtres de l’organum (nom de la musique polyphonique de l’époque), connu pour ses contre-chants mélodiques, appartenant à l’Ecole de Notre-Dame (v. 1160-1260).

L’organum en Angleterre s’appelait le gymel.

XIIème siècle : siècle des cathédrales

XIIIème : siècle des universités, la musique est enseignée au même titre que l’arithmétique, la géométrie, et l’astrologie. L’enseignement est confié à l’école épiscopale de Notre-Dame, de Sainte-Geneviève et de Saint-Victor. 

La musique est pratiquée non seulement dans les lieus religieux, mais aussi à l’Université et dans les châteaux, à la cour des rois, elle accompagne les principaux événements historiques célébrés par des conduits.

L’écriture de la musique, jusque là très rudimentaire, voire inexistant, se précise peu à peu, aussi bien dans la longueur des notes que dans leur hauteur, bien que ces hauteurs ne soient pas absolues, elles dépendent du contexte. Ce système sera perfectionné par Pierre de la Croix et surtout Philippe de Vitry avec l’Ars Nova.



Formes musicales :

-         Organum parallèle => voix doublée en mouvement parallèle

-         Organum fleuri      => phrase liturgique (ténor emprunté) exposée en valeur longue + un double (duplum) en vocalises (cette forme sera amplifiée par l’Ecole de Notre-Dame en organum triplum, quadruplum)

-         Motet religieux, profane ou amoureux => paroles placées sous la voix organale : voix principale (teneur) sur un rythme préétabli, doublée sur un rythme différent avec des paroles différentes, puis une troisième voix en contrepoint avec des paroles différentes, d’abord en latin, puis bilingue et français.

-         Rondeau : vers 1250 => style syllabique, même texte à toutes les parties (ex. Adam de la Halle)

-         Conduit => chant latin de caractère paraliturgique accompagnant un déplacement (ex. conduit de l’âne).

Mais il y a aussi des formes secondaires comme les ballades, virelais, lais, danses (ductie, estampie, ronde...) chantées ou instrumentales (vielles, luths, flûtes, orgue portatifs, percussions).

 

L’ars antiqua est donc marquée par l’unification du style religieux et du style profane (ex. motet), par la codification de certains genres (organum, motet, rondeaux, conduits), et par la consolidation de la polyphonie.

 

L’ARS NOVA

L’Ars antiqua cède la place à l’Ars Nova à la fin du XIII°

Philippe de Vitry (1291-1361), dans son traité de l’Ars Nova, inventa un système de notation avec chiffrage de mesure, composa des motets.

1310-1314 : Le « Roman de Fauvel », écrit par Gervais de Bus,  est la première œuvre connue de l’Ars Nova,  elle est une critique violente de la société, en racontant l’histoire d’un âne qui devient roi grâce à Dame Fortune.

C’est une époque révolutionnaire dans le domaine des mœurs et des idées. Le XIVème siècle fut un siècle de fécondité culturelle et de progrès, les hommes de ce temps avaient conscience d’ouvrir des voies nouvelles, ils se sentaient des hommes nouveaux et modernes. La musique ne resta pas en marge de ce mouvement général des idées. L’Eglise fut d’abord très réticente à ce nouvel esprit chez les musiciens. En Avignon, le pape Jean XXII lance en 1324-3125 une célèbre homélie « Docta sanctorum patrum » dont voici un extrait : «  Certains disciples de la nouvelle école, tandis qu’ils mettent toute leur attention à mesurer les temps, s’appliquent à faire les notes de façon nouvelle, préfèrent composer leurs propres chants que chanter les anciens, divisent les pièces ecclésiastiques en semi-brèves et minimes; ils hachent le chant avec les notes de courte durée, tronçonnent les mélodies par des hoquets, polluent les mélodies avec des déchants et vont jusqu’à les farcir de «triples» et de motets en langue vulgaire. Ils méconnaissent ainsi les principes de l’antiphonaire et du graduel, ignorent les tons qu’ils ne distinguent plus, les confondent même : sous cette avalanche de notes, les pudiques ascensions et les discrètes retombées du plain-chant, par lesquelles se distinguent les tons eux-mêmes, deviennent méconnaissables. Ils courent sans se reposer, enivrent les oreilles au lieu de les apaiser, miment par des gestes ce qu’ils font entendre. Ainsi, la dévotion qu’il aurait fallu rechercher est ridiculisée et la lascivité qu’on aurait dû fuir est étalée au grand jour... »

Ce fut sans effet, l’Eglise se fit une raison et même invita Philippe de Vitry et Guillaume de Machaut, par la suite avec Clément VI, en Avignon.

Rythme : La précision et l’enrichissement des notations musicales, surtout rythmique, donna des idées aux compositeurs qui donnèrent libre cours à leur imagination. Le hoquet (interruption du son par des silences) se généralisa. Les compositeurs utilisaient des schémas rythmiques (talea) répétés librement au long du morceau dans une ou plusieurs voix : c’est l’isorythmie. La voix fondamentale était souvent tirée du chant grégorien, appelé cantus firmus ou parfois color.

Harmonie : Le rythme ne fut pas la seule conquête de l’Ars Nova. Les altérations se multiplient, en enrichissant les lignes mélodiques. Peu à peu le langage musical évolue de la modalité vers la tonalité moderne.

Formes :

-         Motet  => déjà existant avec l’ars antiqua, il s’amplifie non seulement par sa forme mais par son esprit ; les textes sont des poèmes religieux, moraux, politiques, satiriques, en français ou en latin, où la vie du siècle est évoquée à  grands traits

-         Conduits => le tenor n’est plus liturgique, mais laissé à l’imagination de l’auteur, les autres voix chantent le même texte avec le même rythme, c’est une polyphonie homorythmique.

-         Messe polyphonique => grande innovation du XIVème siècle. La première messe répertoriée serait la « messe de Tournai » sans doute d’auteurs différents et de périodes différentes aussi. Il existe d’autres messes dans le répertoire, mais la plus célèbre, qui apparaît comme le premier chef d’œuvre de la musique française est la « Messe de Notre-Dame » de Guillaume de Machaut, qui allie tradition et nouveauté de l’ars nova.



Des mélodies chantées par les troubadours et les trouvères au XIII° furent harmonisées à deux ou trois voix par les compositeurs du XIV°, appelés chansons.  Les formes les plus courantes étaient : virelai, rondeau, ballade en France ou madrigal, caccia, ballata en Italie (avec le compositeur Francesco Landini).

 

TROUBADOURS ET TROUVERES : 

Troubadours dans le sud et trouvères dans le nord, c’est la dénomination des chevaliers chanteur et poètes que la France posséda du XIème au XIVème siècle. Equivalents des « chantres d’amour » allemands, les Minnesänger, les troubadours prenaient leurs belles comme sujet de prédilection de leur poèmes. Ils s’accompagnaient eux-mêmes à la viole, à la vielle ou autres instruments de la famille des harpes ou du luth.  Parfois ils engageaient des musiciens de profession pour les accompagner. Les troubadours les plus marquants furent :

-Raoul de Coucy , troubadour du XIIème, fit la troisième croisade avec Richard Cœur de Lion et mourut en 1192, en demandant à ses compagnon d’arme de porter son cœur à sa belle, mais le mari intercepta le cœur, le fit griller et le donna à manger à la femme infidèle qui mourut de chagrin en apprenant ce qu’elle avait mangé.

- le roi Thibaut IV de Navarre (Troyes1201-Pampelune1253) trouvère dont la « dame » doit avoir été la Reine Blanche, mère de Saint-Louis. Auteur de nombreuses chansons.

- Adam de la Halle (Arras vers 1240- Naples en 1287) : poète et compositeur trouvère de génie ; L’oeuvre la plus importante est « le jeu de Robin et de Marion », sorte d’opèra-comique, il a composé également des rondeaux, des motets et des chansons.

- Guillaume de Machaut (Machau vers 1284-1370) entra au service de la cour de la Reine Jeanne de Navarre, plus  tard au roi de Bohème, puis à celui de Charles Quint.. Il est le premier musicien du nord à mener une carrière internationale. On en garde de nombreux poèmes, des rondeaux, des chansons, des lais, des virelais, des ballades, des motets et une messe à quatre voix, la Messe de Notre-Dame, unique messe du XIVème.

  

La Guerre de Cent ans (1337-1453) : l’Angleterre et la France prennent tour à tour le dessus, annexent des régions puis les perdent (Azincourt en 1415 => victoire anglaise), puis avec Jeanne d’Arc, le patriotisme revient et la France est libérée vers 1450. Pendant cette période, la musique connaît peu d’évolution. Cependant des échanges se font entre les musiciens qui accompagnent les armées. Parmi eux, Guillaume de Machaut (voir § troubadour et trouvère) parcours l’Europe.

 

De l’Angleterre à l’Ecole Flamande  : les musiciens anglais formés à L’Ecole de Notre-Dame abandonnent la complexité de l’Ars Nova pour s’attacher surtout à la mise en valeur de la mélodie. C’est l’anglais John Dunstable qui est à l’origine de cette simplification. Guillaume Dufay (1400-1474) représente aussi cet art anglais qui mêle sons et couleurs des anglais, rythme et rigueur des français, simplicité des italiens, mysticisme des flamands, avec ses compositions de messes, de motets et de chansons polyphoniques.

Ce courant se propage ensuite chez les alliés de l’Angleterre que sont la Bourgogne ( ex. Machaut cité plus haut), puis les Flandres vers le milieu de XVème siècle lorsque décline l’influence des Bourguignons.  L’école flamande prend de l’importance avec Binchois (1400-1460), avec Ockeghem (1420-1495), avec Obrecht (1450-1505)

Les Flamands, comme les Bourguignons, écrivaient des chansons, des motets, quelques messes. Leur écriture était avant tout contrapuntique.



RENAISSANCE      (1420-1600)



            C’est une période caractérisée par une forte créativité artistique et un renouveau de l’esprit de l’Antiquité (l’humanisme), qui connaît son apogée entre le XIVe et le XVIe siècle. On y voit apparaître la notion de l’idéal de l’homme éclairé (l’homme universel). Le terme « Renaissance » qualifie la transition entre le Moyen Age et les temps modernes ; il est utilisé à l’instigation de l’historien suisse Jacob Burckhardt qui publie en 1860  «la Civilisation de la Renaissance en Italie».

 

Historique : La Renaissance naît à Florence, à la cour des Médicis vers 1420, se développe grâce à cette famille, atteint son apogée en 1500 et s’achève vers 1530.

C’est une période de grande création dans le domaine des beaux-arts avec Léonard de Vinci, Michel Ange, Raphaël, Bramante, Veronese, Titien, Fra Angelico au début du XVIeme, puis vers 1525 un deuxième courant avec Le Tintoret, le Parmesan. Vers 1600 s’opère la transition vers le Baroque, après une période intermédiaire appelée «maniérisme ».

Dans les pays d’Europe non latins, la Renaissance ne se manifeste que vers 1500 avec le rôle important de la Réforme.

Quelques écrivains de cette période : Pétrarque, Dante et Boccace développent l’idée de l’Homme Universel, mais aussi Arioste, Machiavel et Rabelais.

 

Musique de la Renaissance : on tente de renouer avec les idées de l’antiquité où la musique avait un pouvoir émotionnel, on associe plus précisément les mots et la musique pour mieux exprimer les états de l'âme humaine. La première imprimerie musicale qui apparaît vers 1501 et se développe ensuite, permet à la musique de voyager facilement et rapidement à travers l’Europe.

La Renaissance coïncide avec la Réforme en Allemagne, l’épanouissement de la chanson française et du madrigal italien (avec Janequin, Lassus, Byrd, Palestrina). Dans les dernières décennies du XVIème se forge un style monodique qui aboutira à la création de l’opéra (1600). C’est pendant la Renaissance qu’apparaît la conception verticale de la musique (enchaînement d’accords).

Il n’y a pas de révolution dans les formes musicales mais plutôt une évolution, avec le développement de la polyphonie, de l’harmonie, du contrepoint, de l’imitation, des canons, des motets, de la musique religieuse (la plupart des églises possédant un chœur polyphonique), et l’apparition du madrigal et du lied.

L’auditoire de la musique s’élargit considérablement, les œuvres musicales vocales ou instrumentales entrent dans la cour des souverains et des princes.

Les compositeurs les plus marquant sont :

            Roland de Lassus, Josquin des Prés chez les Flamands

Clément Janequin en France

            Palestrina en Italie

            William Byrd en Angleterre

 

Josquin DESPRES (v. 1440 v.1521), musicien français, est le plus éminent représentant de l’Ecole Franco Flamande. Il fut un musicien charnière entre la période médiévale (on sent l’empreinte moyenâgeuse dans ses œuvres) et la Renaissance ( il appartient sans nul doute au courant humaniste). Il a composé des messes, des motets, des chansons polyphoniques. Martin LUTHER aurait dit de lui : « certains musiciens font ce qu’ils peuvent avec les notes, Josquin en fait ce qu’il veut ».

Roland de Lassus (1532- v.1594) compositeur flamand, considéré comme le plus illustre polyphoniste du XVIème siècle et l’un des plus grands de tous les temps. Il fut remarqué très tôt pour sa belle voix, à l’âge de douze ans, il part avec le vice-roi de Sicile dans tous ses périples pour faire son éducation. Adulte, il voyage seul en Italie, en Angleterre, en Allemagne où il devient Maître de Chapelle. Il écrit plus de 2400 œuvres (i-e plus que Bach et Mozart réunis), en s’inspirant de tous les styles européens, y compris la chanson française.

Clément JANEQUIN (1485-v.1558) : compositeur, il apparaît comme le fer de lance de la chanson polyphonique française du XVIème siècle. Il mit en musique les Amours de Ronsard et des poèmes de François Ier. Il excella particulièrement dans la chanson descriptive, comme « le chant des oiseaux », « la guerre : bataille de Marignan », « les cris de Paris ». Il écrivit aussi des chansons grivoises, rabelaisiennes. Il a écrit peu de musique religieuse, seulement deux messes.

Palestrina (1525-v.1594)  il fut confié au Pape à 11 ans ; Maître de chapelle, au service de onze Pape, il a composé 115 messes, plus de 100 motets, des madrigaux, des hymnes, cantiques, psaumes, etc.

 

LE BAROQUE          XVII ET XVIII    (1600-1750)

L’origine du mot est controversée. Il viendrait du mot portugais « barocco » qui signifie « perle irrégulière » et aurait pris le sens de «bizarre ».

Le baroque est né en Italie, principalement à Rome, dans le contexte de la Contre-Réforme, l’Eglise voulait opposer au rigorisme protestant un style grandiose : utilisation de courbes, d’ovales, de décors chargés, de jeux de lumière…  Le baroque s’étend ensuite en Europe et se transforme en rococo.

 

Musique baroque

Elle se caractérise par la prépondérance de la basse continue et le développement de la monodie accompagnée. Le baroque musical inclut un goût pour l’ornementation et la virtuosité, le contraste forte-piano, la naissance de nouveaux genres, tels l’opéra, la sonate, le concerto, l’oratorio, la cantate destinés à l’Eglise, à la chambre ou au théâtre

Basse continue = basse chiffrée au-dessus de sa partie indiquant les accords à réaliser, basse continue jouée principalement par un instrument grave (contrebasse, violoncelle) pour accompagner un chant en harmonie.

Trois genres musicaux prévalent dans le baroque : la musique d’Eglise, la musique de chambre et la musique de théâtre. On peut également distinguer trois époques différentes dans le baroque.

 

·        De 1580 à 1630 : caractérisé par le style  «concertato », la chanson mélodique héritée de la Renaissance évolue vers les formes de l’opéra et de l’oratorio. (Monteverdi, Frescobaldi)

·        De 1630 à 1690 : baroque médian, le bel canto et l’opéra se développent et s’imposent, surtout en Italie. En France c’est le ballet qui prédomine jusqu’à Rameau. L’art musical devient de plus en plus un spectacle ou les apparence importent de plus en plus

·        De 1690 à 1750 : dernier baroque,  l’opéra italien continue à dominer les scènes européennes.

 

L’opéra est une œuvre dramatique mise en musique et chantée, d’abord en ravivant l’esprit antique, puis plus en actuel avec Monteverdi (1567-1643) qui crée véritablement l’opéra avec Orfeo en 1607.

Italie

Au XVIIème, l’opéra prend son essor à Venise en 1637 avec l’ouverture du premier opéra à un large public, en changeant de registre : les thèmes historiques et politiques prennent le pas sur les thèmes mythologiques. [compositeurs les plus marquants du style baroque : Tomaso Albinoni, Francesco Cavalli, Vivaldi, Frescobaldi, Scarlatti, Corelli]

Fin XVII- début XVIII : les compositeurs napolitains deviennent les maîtres de l’opéra avec l’opéra bouffe (Pergolèse, Cimarosa) et l’opéra seria (Metastase).

France

Lully (1632-1687) auteur de l’opéra à la française. Il s’y rajoute la danse et le ballet. Jean-Philippe Rameau (1683-1764) développe la forme de l’opéra-ballet.

Angleterre

L’opéra ne perce pas, toutefois Purcell (1659-1695) compose un, opéra chef d’œuvre (1689) Didon et Enée

Allemagne

La 1ère moitié du XVIII est marquée par Haendel (1685-1759)

 

L’écriture musicale baroque est essentiellement savante, que ce soit écrite et précise à la manière d’une fugue de Bach ou que ce soit improvisé directement sur l’instrument d’après un chiffrage de basse. Certains ont jugé que cela demandait certes un acquis technique impressionnant mais n’était pas de ce fait assez spontané ni naturel. Une réaction dans ce sens s’est constituée dès le début du XVIIIème siècle en donnant naissance au style rococo galant ou sensible. Le Rococo galant nait en France sous Louis XIV, avec comme principal représentant François COUPERIN,  et se poursuit sous Louis XV, parfois parallèlement au style baroque.

Le Rococo sensible nait en Allemagne à la mort de Bach.

Caractéristique du Rococo : abandon de la basse continue et de l’improvisation sur une basse chiffrée, art plus divertissant sans pour autant devenir superficiel, la mélodie redevient prépondérante sur l’harmonie. Telemann est l’un des artisans du nouveau mouvement.

Le rococo musical préfigure ce qui s’accomplira d’une manière plus parfaite à l’époque romantique.



 

LE CLASSICISME     (1750-1830)

La période classique s’étend du Rococo jusqu’au romantisme, i-e jusqu’à la mort de Beethoven en 1827. Les grandes figures de cette période sont Joseph Haydn, Mozart et Beethoven.  Schubert marque déjà la transition avec le romantisme naissant.

Les éléments musicaux de cette époque se caractérisent par leur simplicité et la prédominance des modes dits «classiques ». Le classicisme musical tend vers une universalité et vise, partant de styles nationaux, une dimension internationale. Les musiciens recherchent une langue (une musique) compréhensible dans le monde entier.

Cette période, grâce notamment aux compositeurs allemands, connaît un important développement des formes abstraites, comme la sonate, ou des genres musicaux de plus grande envergure comme le concerto ou la symphonie.

Les compositeurs italiens contribuèrent au développement de nouveaux genres, notamment la symphonie ou sinfonia : nom donné à l’ouverture d’opéra. L’ouverture d’opéra devient un style à part entière, sans aucun lien musical ou dramatique avec l’opéra lui-même. Des musiciens adoptèrent la forme de l’ouverture pour des pièces instrumentales, à savoir trois mouvements rapide-lent-rapide.

On commença aussi à faire la distinction entre la musique de chambre, dans laquelle un seul instrument jouait chaque partie, et la musique symphonique où plusieurs instruments jouaient chaque partie. En musique de chambre, les compositeurs se mirent à différencier plusieurs moyens d’expression comme le quatuor à cordes, le trio à cordes et la sonate pour clavier avec violon obbligato. Pour l’orchestre, les compositeurs écrivirent, outre des symphonies, des concertos. La symphonie, le concerto, la sonate, et le quatuor à cordes suivaient tous un même schéma. Ils comprenaient tous trois ou quatre mouvements, dont l’un au moins était en forme sonate.

 

SONATE : la forme sonate apparut au milieu du XVIIIème siècle. Elle exploite les relations harmoniques entre les différentes notes et les accords d’une même tonalité, ainsi qu’entre différentes tonalités. L’une des caractéristiques de la sonate fut de quitter la tonalité de base pour y revenir ensuite. A cela s’ajoute l’exposition de thèmes opposés au début d’un mouvement, qui étaient ensuite développés en partie ou en totalité. Les compositeurs les plus représentatifs de ce style appartenaient à l’Ecole de Vienne, avec entre autre Haydn, Mozart et Beethoven.

L’opéra subit aussi des changements importants. Initialement, drame musical, il s’était vu réduit à une suite d’arias destinés à mettre le chanteur en valeur. Des musiciens s’efforcèrent de redonner de l’importance aux interludes, aux accompagnements instrumentaux, ils eurent davantage recours aux chœurs, diversifièrent les formes et les styles des arias. Gluck fut le grand réformateur de l’opéra entre 1764 et 1779 à Vienne et à Paris. Le point culminant de l’opéra classique réside dans les œuvres scéniques de Mozart.

Les genres marquant de cette période sont : la symphonie, le concerto, l’opéra, le quatuor à cordes.



 

LE ROMANTISME (1830-1900)



Au début du XIXème siècle, le style classique viennois de Haydn, Mozart et Beethoven domine encore toute l’Europe. A partir de 1810, des musiciens novateurs se tournèrent vers d’autres directions, en voulant privilégier la musique elle-même plus que la clarté de la forme. Ils préféraient l’impulsivité et la nouveauté aux dépens du respect de la forme classique et du sens harmonique global de la composition.

Au XIXème siècle, les musiciens adoptèrent donc une approche «romantique », et non plus classique de leur art. Le Romantisme connut un grand essor particulièrement en Allemagne et en Europe centrale.

Les compositeurs de cette époque s’inspirèrent souvent de sources extramusicales, que ce soit en littérature, en peinture ou dans les autres arts. Ce fut ainsi que se développa la musique à programme, qui décrivait des sujets extramusicaux, au lieu de suivre un plan formel seulement musical, puis, dans son sillage, le poème symphonique. Le français Berlioz et le hongrois Liszt devinrent les spécialistes du genre.

La poésie des XVIIIe et XIXe siècles fut la matière de chansons, dans lesquelles le compositeur dépeignait en musique les images et les sentiments des textes : ce furent les mélodies en France et les lieder  en Allemagne.

L’opéra fut aussi un des genres privilégiés du XIXème siècle, union de tous les arts (musique, théâtre, chant …) il fut le prétexte à de spectaculaires démonstrations de chant. En France, Jacques OFFENBACH fut à l’origine d’un nouveau style d’opéra comique, l’opéra bouffe. Pendant la seconde moitié du siècle, l’importance du bel canto fut réduit dans les opéras au profit de l’aspect dramatique des relations entre les personnages (voir Verdi, Puccini).

En Allemagne, Wagner créa le «drame en musique » en s’attachant non pas aux valeurs humaines comme dans les opéras italiens, mais aux légendes, à la mythologie germanique et à la mystique (notamment le thème de la Rédemption). Il utilisait des leitmotive (bref fragment mélodique et harmonique) apparaissant de façon récurrente dans une œuvre pour représenter des personnages, des objets ou des idées.



A la fin du siècle, le romantisme avait modifié le langage musical à maints égards. Les progressions harmoniques inhabituelles allaient conduire à la désintégration de la tonalité. Les compositeurs, surtout Wagner, firent un usage croissant du chromatisme, style harmonique utilisant de nombreuses notes n’appartenant pas à la tonalité dominante. Le recours à des éléments traditionnels et folkloriques se répandit en Russie, Tchécoslovaquie, Norvège et en Espagne (Moussorgski, Rimski-Korsakov, Dvorak, Grieg), et se poursuivit jusqu’au XXème siècle (Sibélius, De Falla).

Avec la désintégration de la tonalité, la cohésion de l’œuvre musicale dépendit de plus en plus du flux et du reflux de l’intensité et de la densité sonore et non plus du mouvement harmonique.

Les genres marquant de cette période sont : les concertos, la musique de chambre, les lieds, les valses, les poèmes symphoniques. Le piano est l’instrument roi de ce siècle.





L’IMPRESSIONNISME  (1890-1920)



En réaction contre le classicisme et la peinture académique, un groupe de peintres ( Monet, Pissarro, Degas, Renoir, Cézanne) cherchent à traduire picturalement l’impression ressentie. Ils s’attachent principalement aux variations de lumière et d’atmosphère, aux jeux d’ombre. Il ne s’agit plus de reproduire la nature, mais de représenter la perception de la nature.

Le terme donc d’impressionniste est appliqué aux compositions de Debussy et à celles des compositeurs qu’il a inspirés.

Les caractéristiques de la musique impressionniste sont difficilement identifiables. On peut dire qu’elle privilégie une grande liberté dans la forme et dans le langage harmonique, et qu’elle laisse la place à la subjectivité de chaque auditeur dans la perception des rythmes et des couleurs de l’œuvre musicale.

Debussy a inspiré des musiciens comme Ravel, Dukas, Eric Satie, Albert Roussel.

 

Les genres en vogue durant cette période sont la musique de chambre et la musique pour orchestre.





NOUVELLE MUSIQUE  (env. 1907-1945)

C’est un courant musical qui se développe au cours de la première moitié du XXème siècle. La multitude de tendances différentes rend difficile un classement des œuvres. La musique devient le reflet d’une société violente, dominée par la guerre, la misère, le conflit Est-Ouest, l’écart entre pays riches et pays pauvres, et la rapidité des progrès techniques.

Le point commun de toutes ces nouvelles tendances est le rejet de la tradition et la recherche de nouvelles formes d’expression. La rupture s’accentue après la 1ère Guerre Mondiale avec l’atonalité et le néoclassicisme.

 

ATONALITE

Wagner, Strauss et Mahler étaient déjà arrivés aux limites de la tonalité et de l’harmonie classique. Les règles de l’harmonie deviennent dépassées, les douze notes de la gamme chromatique sont traitées à égalité. Schönberg et ses élèves Berg et Webern inventent le dodécaphonisme.



NEOCLASSICISME

Stravinski, Hindemith et Alfredo Casella, représentants du néoclassicisme, se tournent à nouveau vers l’esthétique classique, abandonnent toute influence romantique, et font revivre les genres musicaux du XVIIIème siècle

 

Le folklore comme source d’inspiration. L’utilisation d’éléments de la musique folklorique et du jazz permet un nouveau langage musical. Stravinski recourt souvent au folklore russe, Bartok au folklore hongrois, Hindemith et Ravel au jazz.

 

LA MUSIQUE APRES 1945



 La pluralité des styles

De nombreux compositeurs exilés pendant la guerre reviennent en Europe imprégnés de la culture de leur pays d’accueil, les USA et la Grande-Bretagne principalement. Leur musique en est ainsi transformée, on y trouve parfois des influences extrêmes orientales, la musique est plus spontanée.

La musique électronique apparaît.



La musique électronique

Vers 1950, l'invention du magnétophone initie une nouvelle forme musicale. Le premier studio permettant de produire des sons électroniques est créé à Cologne en 1961, dirigé par Herbert Eimert, puis par Karlheinz Stockhausen.

Les recherches portent sur le son lui-même. Celui-ci est produit à l'aide de moyens électriques et rendu audible par l'intermédiaire d'un haut-parleur. La musique électronique ne nécessite à priori ni partition ni interprète. Par la suite, le synthétiseur permettra à la musique électronique de se produire sur scène. Aujourd'hui, ce type de musique est également créé à l'aide d'ordinateurs.



La musique sérielle

La musique sérielle est issue du dodécaphonisme. Tous les éléments d'une composition, qu'il s'agisse de la durée d'une note, de son intensité ou de sa sonorité, sont traités avec la même attention. La musique est ainsi déterminée par la raison et doit - d'après les termes de Stockhausen lui-même - provoquer une nouvelle forme de pensée et de sentiment.

 

La musique expérimentale

Représentée notamment par John Cage, la musique expérimentale se veut une ouverture sur le monde. Elle privilégie la forme ouverte, l'action spontanée et le lien avec d'autres disciplines artistiques (peinture, danse, etc.).

 

Les nouvelles sonorités

Les musiciens recherchent de nouvelles possibilités d'expression, utilisant les instruments traditionnels de façon nouvelle. Des instruments sont importés, modifiés ou copiés. De nouveaux instruments sont inventés. Les possibilités deviennent illlimitées.



Les auditeurs

Les musiques nouvelles ne percent pas dans le grand public. Peu de concerts sont organisés, et les oeuvres sont par la force des choses réservées à un public averti. Des journées musicales sont organisées à partir de 1950, comme les rencontres annuelles du Domaine musical à Paris (1954-1973) ou "l'Automne de Varsovie" de 1956. Mais, malgré de nombreuses tentatives d'explication et d'initiation, des résistances existent à tous les niveaux.